Les voiturettes 'sans permis' sont-elles suffisamment sûres ?


Un dramatique accident a coûté la vie à deux jeunes filles originaires de Lasne, dans la nuit de vendredi à samedi, à Rhode-Saint-Genèse. Elles circulaient à bord d'une voiture électrique sans permis quand elles ont été victimes d'une collision frontale avec un SUV. Deux autres jeunes se trouvaient dans le coffre de ce véhicule prévu pour deux passagers : elles ont échappé à la mort. Un accident qui pose la question de la sécurité de ces voiturettes. Elles ont très à la mode chez certains jeunes, en Brabant wallon. L'Institut Vias réagit.

Pas tout à fait sans permis 

A l’origine destinées surtout aux ainés, ces voiturettes ont séduit certains jeunes. Dans l’ouest et le centre du Brabant wallon, on en voit très régulièrement stationnées devant les écoles. On les appelle voitures sans permis, une dénomination qui n’est pas tout à fait exacte. "Il faut quand même un permis cyclo", précise Benoit Godart, le porte-parole de l'Institut Vias. "Et donc, il faut connaître le code de la route, la signification des signaux routiers. On ne peut pas dire qu'un accident est dû à une lacune du code de la route. Rappelons quand même qu'il n'y a pas beaucoup d'accidents, une trentaine chaque année, même si c'est paradoxal de dire cela après un grave accident. Sur base de ces chiffres, on ne peut pas dire qu'il y a un gros problème de sécurité".

Des accidents plus graves

Si ces véhicules ne sont pas impliqués plus souvent dans des accidents, les chiffres montrent que ceux-ci sont plus graves. D’après une étude de l’AWSR, l’Agence Wallonne de la Sécurité Routière, sur 1000 accidents en Belgique, on dénombre 21 tués parmi les usagers de ces voiturettes, pour 18 parmi ceux de voitures classiques. "Le grand désavantage de ces voiturettes, c'est leur poids : elles font 425 kilos maximum. Forcément, lorsqu'elles entrent en collision avec un véhicule, a fortiori avec un SUV d'une tonne et demi, la disproportion des forces en présence fait que les victimes se trouvent systématiquement dans l'habitacle de ces voiturettes. Dans trois quart des cas, lorsqu'il y a un accident entre une voiturette et un autre véhicule, les victimes se trouvent dans ces voiturettes. Cela montre qu'en raison de leur manque de robustesse, elles sont victimes de graves dommages en cas d'accident", poursuit Benoit Godart.

L’autre danger pointé par Vias, c’est la vitesse à laquelle peuvent circuler ces engins : 45 km/heure seulement. De quoi surprendre des conducteurs de véhicules normaux.

François Namur - Images : Philippe Michaux

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