La débrouille des maraîchers face à la sécheresse


L’eau, une denrée précieuse et rare pour de nombreux maraîchers. Habituellement, Lisa-Marie, la maraîchère du Pré-Madame à Bomal (Ramillies), et l’herboriste avec qui elle partage le terrain, utilisent l’eau de pluie récupérée dans des citernes. Mais avec la sécheresse en cours, elles ont dû trouver d’autres solutions. En l'occurence, aller chercher l'eau dans un cubis de 600 litres posé sur une remorque chez l'associé de Lisa-Marie, Eddy Hermans, à la Ferme du Try Al Mé. Celui-ci possède un puits, mais à force d'y puiser, les réserves s'épuisent. Sans compter que l’acheminement de l’eau vers le champ est très énergivore et coûteux : en plus de l’essence pour les trajets, la pompe que la maraîchère utilise fonctionne au fuel. Lisa-Marie veut absolument éviter d’utiliser de l’eau potable. Elle se montre donc économe et privilégie certaines cultures au détriment d’autres.

S'adapter pour limiter les dégâts 

C’est la première saison que la maraîchère, passionnée de légumes anciens, occupe ce terrain à Bomal, sur la commune de Ramillies. Son projet Au Pré Madame était auparavant installé ailleurs. Cet automne, Lisa-Marie espère pouvoir creuser un bassin de récupération d’eau de 40.000 litres. Mais même avec cet aménagement, les réserves d’eau n’auraient permis de tenir que jusqu’à la fin du mois de juin avec la sécheresse de cette année. Lisa-Marie et son associé Eddy Hermans, qui gère de plus grandes cultures bio, sont donc en pleine réflexion. D’une part concernant le plan de culture pour l’hiver qui vient et d’autre part à propos de l’avenir. Cela sert-il encore à quelque chose de cultiver certains légumes ? Ne vaut-il pas mieux décaler les semis et les récoltes de telle variété ? Pourquoi ne pas tester la culture de gingembre ou de poires de terre ? Beaucoup de questions sont pour l'instant en suspens. Mais une adaptation aux conditions climatiques que nous connaissons semble indispensable.

Cette année, les pertes ont été importantes dans les cultures. Un coup de plus porté à une profession déjà fragile. Lisa-Marie, elle, reste optimiste car elle peut compter sur le soutien de clients fidèles.

François Namur - Images : Adrien Broze

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