Frédéric Smessaert : "Caroline ne m'a pas tué"

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Frédéric Smessaert est directeur des écoles communales fondamentales de Rebecq-Bierghes. Son message va à l'encontre de l'accueil froid et contestataire réservé par de nombreux directeurs d'école et professionnels de l'enseignement à l'encontre des nouvelles mesures annoncées dans les écoles au cour des derniers jours.

Nous avons laissé son texte intouché, voici sa carte blanche :

 

"Mercredi dernier, le comité de concertation décidait de rouvrir les écoles fondamentales en deux phases : le 2 juin pour les maternelles, le 8 juin pour l'ensemble des classes primaires. Depuis lors, notre Ministre de l'enseignement, Madame Caroline Désir, fait l'objet de critiques véhémentes et, à mon sens, souvent injustes. A travers ces quelques lignes, je voudrais rappeler qu'aujourd'hui, il existe encore des directeurs et directrices heureux !

A la lecture de la circulaire transmise par le Ministère, ma première réaction a été « Tout ça pour ça ! » Toutes ces heures passées en concertations avec les enseignants et le Pouvoir Organisateur, toutes ces mesures strictes appliquées aux réalités de nos établissements, toutes ces annonces faites aux parents de première, deuxième et sixième années... Tout cela n'aurait-il servi à rien ? Bien sûr que si ! Si un tel assouplissement des mesures a pu s'avérer à tout le moins déstabilisant, tout ce qui a été pensé, anticipé, mis en place pourrait servir au cas où nous nous retrouverions à nouveau dans une situation similaire. De plus, cela a renforcé la solidarité et les échanges entre mes enseignants !

Si je peux comprendre le coup de sang de certains collègues, je ne partage pas le négativisme que j'ai pu lire çà et là. Je me dissocie des « On est en colère ! » ou autres « La rupture de confiance entre les écoles et le Ministère est totale. » Je ne m'y reconnais pas ! En effet, ma confiance en Madame Désir reste pleine car j'ai la naïveté de croire que nos dirigeants, même s'ils tâtonnent face à cette situation inédite, ne prennent pas de décisions dangereuses pour les citoyens, a fortiori quand il s'agit d'enfants. Doit-on fustiger la Ministre parce que la situation sanitaire évolue plus positivement qu'escompté ? Etait-il écrit dans le marbre que seules les années annoncées dans un premier temps reviendraient en classe ? Je comprends d'autant moins les levées de boucliers qu'il a été clairement spécifié que chaque école pouvait organiser cette rentrée à son rythme en fonction de ses réalités...

Il a aussi été reproché à la Ministre de « rendre l’enseignement obligatoire facultatif », ce qui décrédibiliserait la profession et transformerait l'école en garderie. Une fois encore, je m'inscris en faux ! En effet, la souplesse dont Madame Désir fait preuve par rapport à l'obligation scolaire permet une reprise dans un climat de confiance plutôt que de contrainte. Bien plus que les apprentissages, c'est toute la dimension sociale qui primera au cours des prochaines semaines. Non, l'école ne sera pas une garderie et il en va de la responsabilité des équipes pédagogiques de s'en assurer, pas de la Ministre !

Nous n'avons eu aucune difficulté à accueillir les enfants de maternelle au sein des implantations que je dirige et il en ira de même lundi prochain pour les primaires. Dès le départ, nous avons anticipé une fréquentation maximale des garderies et qui peut le plus peut le moins ! Bien entendu, dans ces préparatifs, j'ai eu la chance de pouvoir compter sur le soutien total d'enseignants en or qui se sont toujours montrés disponibles, solidaires, motivés, malgré les craintes partagées par l'ensemble de la population ou, pour certains, la contamination par le Covid-19. J'ai aussi derrière moi un Pouvoir Organisateur, la commune de Rebecq, qui place l'enseignement au centre de ses préoccupations et met tout en œuvre pour le bien-être des élèves de l'entité.

Mes enseignants et moi-même avons été heureux de retrouver (une partie de) nos sixième année il y a deux semaines. Ensuite, notre bonheur s'est intensifié en retrouvant (une partie de) nos première et deuxième primaires. Ce 2 juin, ce sont les rires (d'une partie) des petits bouts de maternelle qui nous ont comblés. Oui, les enfants avaient besoin de se retrouver ! Et je pense ne pas trop m'avancer en affirmant que ce besoin était partagé par les enseignants.

La vie qui revient dans les classes et les cours de récréation, revoir des enfants en train d'apprendre, les voir épanouis... Cela n'efface-t-il pas toutes les frustrations du monde ? Pour le directeur heureux que je suis, la réponse est affirmative !

Loin de moi l'envie de pointer mes collègues du doigt car, je le répète, je suis conscient de la chance qui est la mienne. Mais, dans ces moments si particuliers, quelques ondes positives sont toujours bonnes à prendre..."

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